Greenpeace est-elle financée par Gazprom et défend-elle les intérêts de cette entreprise russe ?

Climat

Greenpeace est financièrement indépendante

Greenpeace n’a jamais reçu de fonds ni de Gazprom ni d’une quelconque autre entreprise, qu’elle soit russe, française ou d’un autre pays. 

Gazprom Protest at European Gas Conference in Brussel.

Greenpeace manifeste contre Gazprom lors d’une conférence internationale sur le gaz, à Bruxelles.
Novembre 2013. © Tim Dirven / Greenpeace

En savoir plus sur notre indépendance financière.

Tous les bureaux de Greenpeace ont une politique stricte concernant les personnes et les fondations qui peuvent financer Greenpeace et refusent les dons d’entreprises ou d’États.
C’est bien cette indépendance financière qui nous permet de garder notre liberté de parole et d’action, notamment dans le choix de nos cibles. Nos campagnes prioritaires et nos objectifs sont décidés selon un processus interne, notamment via un plan stratégique à dix ans. Pour les campagnes internationales, celui-ci implique une validation des équipes de l’intégralité des bureaux de Greenpeace dans le monde, sans aucune influence de la part d’un gouvernement ou d’une entreprise.

Greenpeace n’a donc jamais reçu de fonds de Gazprom. Nos comptes sont transparents et publiés sur nos sites web : pour la France, les rapports financiers sont consultables ici, et les rapports d’activité de Greenpeace International sont disponibles . La Cour des comptes a constaté que la règle d’indépendance financière est respectée par Greenpeace France.

Des règles de financement très strictes

À Greenpeace France, tout don supérieur à 1000 euros est signalé à l’équipe dédiée pour analyse, et tout don supérieur ou égal à 5000 euros fait l’objet d’une vérification de l’origine du don. Il donne lieu à des recherches approfondies par l’une des membres de l’équipe (enquête sur l’origine des fonds, recherche sur le nom du donateur, etc.) En cas de doute, l’avis de la directrice de la collecte de fonds et du directeur financier est sollicité. 

Chaque année, une centaine de personnes (sur 235 000 adhérent·es) soutiennent Greenpeace France via des contributions de plus de 2000 euros. En 2021, ce soutien a représenté 300 000 euros, soit 1 % des dons et libéralités reçus par Greenpeace France.

Greenpeace Allemagne fonctionne de manière relativement similaire à la France en ce qui concerne les dons : aucune contribution d’entreprise (même de faible montant) et une vérification systématique de l’origine du don quand celui-ci est supérieur ou égal à 5000 euros. En revanche, les dons de fondations individuelles ou familiales (sans lien avec une entreprise, donc) sont autorisés. 

Greenpeace International ne collecte pas directement de fonds et n’a donc jamais accepté d’argent de Gazprom, ni d’aucun de ses représentants. 

Greenpeace n’a jamais reçu de fonds de Gazprom

S’il a bien été avéré que plusieurs organisations environnementales ont reçu des fonds de Gazprom, notamment la fondation allemande “Naturschutzstiftung Deutsche Ostsee(Fondation pour la protection de la nature de la mer Baltique allemande), Greenpeace n’en fait pas partie ni n’est à l’origine de la création de cette fondation, et n’a jamais coopéré ni même été en relation avec cette fondation

Greenpeace fait campagne contre Gazprom depuis des années

Gazprom est depuis longtemps l’une des cibles des campagnes de Greenpeace contre le changement climatique, Gazprom étant un acteur majeur de l’industrie fossile, qui alimente le changement climatique. Voici une liste, loin d’être exhaustive, des campagnes que Greenpeace a pu mener pour dénoncer les activités de Gazprom.

L’affaire des Arctic 30

En 2013, les forces spéciales russes ont arraisonné le bateau de Greenpeace l’Arctic Sunrise en mer de Petchora, suite à une action de protestation non-violente contre la plate-forme pétrolière Prirazlomnaya, exploitée par l’entreprise publique Gazprom. Les 30 membres de l’équipage (28 militant·es de Greenpeace et deux journalistes indépendants), connus sous le nom des « Arctic 30 », ont été accusés de piraterie et de hooliganisme et ont passé deux mois en prison, avant d’être libérés par Moscou en raison de la forte pression internationale. En juin 2023, la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé “arbitraire” l’arrestation des Arctic 30.

Public Eye Award à Davos

Action Against Gazprom at WEF in Davos.

Des activistes de Greenpeace déguisés en ours manifestent devant le Forum économique mondial, à Davos, contre les projets pétroliers de Gazprom en Arctique.
Janvier 2014. © Greenpeace / Ex-Press / Flurin Bertschinger

En 2014, à Davos, lors du Forum économique mondial (FEM), Greenpeace et Public Eye ont décerné le Public Eye Award à Sergey Vakulenko, le PDG de Gazprom. Greenpeace a également mené sur place une action non-violente visant à attirer l’attention des investisseurs et partenaires de Gazprom présents à Davos.

 

Le projet Nord Stream

Greenpeace s’est mobilisée très fortement dès le départ contre le projet de Gazoduc Nord Stream. En 2022, une expédition en mer Baltique a été organisée pour faire des recherches sur les conséquences des fuites de méthane lors des explosions des gazoducs Nord Stream 1 et 2.

Campagne pour l’exclusion du gaz fossile de la taxonomie européenne

En mai 2022, Greenpeace France publie une étude montrant comment les géants russes de l’énergie Gazprom, Lukoil et Rosatom ont fait pression, selon un système de lobbying rappelant celui des poupées russes, pour que le gaz fossile et le nucléaire soient inclus dans la liste des investissements “durables” de l’Union européenne. En juin 2022, l’Union européenne décide d’interdire l’accès de ses institutions aux lobbyistes russes.

Quelques mois plus tard, huit bureaux de Greenpeace intentent une action en justice contre le greenwashing de l’Union européenne et l’inclusion du gaz fossile et de l’énergie nucléaire dans cette liste. 

Récemment encore, nous avons ciblé des entreprises russes telles que Gazprom et Novatek, dans le cadre d’une mise en demeure de TotalEnergies visant à empêcher la multinationale française de mener des activités susceptibles de financer la guerre en Ukraine. La réalité est simple : Greenpeace s’oppose à des intérêts puissants et dérangeants, quels qu’ils soient, ce qui lui vaut les critiques de tous les défenseurs des intérêts privés.

Fermeture du bureau russe de Greenpeace par Moscou

En mai 2023, les autorités russes (très liées à Gazprom) ont déclaré Greenpeace International  « organisation indésirable » et interdit toute activité de Greenpeace en RussieGreenpeace International a qualifié cette décision d’absurde et d’irresponsable face aux crises du climat et de la biodiversité. 

Plutôt que de se demander comment Greenpeace peut prouver n’avoir jamais reçu de fonds de Gapzrom, il conviendrait de retourner la question et de la poser à celles et ceux qui diffusent cette fausse information : quelles sont leurs preuves que Greenpeace a reçu des fonds de Gazprom ? Et plus encore, quels sont les intérêts de celles et ceux qui veulent déstabiliser Greenpeace en diffusant de fausses informations ?